Marcel·la est une artiste débordante d'énergie créatrice. Elle peint et dessine de manière spontanée ou compulsive. Les taches hasardeuses, l’assemblage
automatique des formes, l'innocence du trait sont ici mis au service de visions cauchemardesques. Telle une enfant à l’imagination puissante et prolifique, elle nous livre, pour sa première exposition personnelle, des contes noirs à l’imagerie colorée dans lesquels des étranges créatures, faites d'Alice ou de l'artiste elle-même, peuplent un univers tantôt maritime ou volcanique, tantôt spatial ou céleste. Chacune de ses histoires nous rappelle insidieusement notre enfance et nos fragilités oubliées. Au seuil de Da-End, les portes d'un monde chimérique s’ouvrent et nous entrainent irrésistiblement au pays des sombres merveilles de Marcel·la.
"Les phosphènes, ces taches lumineuses coincées sous nos paupières. Il suffit de se concentrer un peu au début, pour que le kaléidoscope éclate, et que chacune de ses formes prennent vie, une identité. Une fleur s'étire, c'est un oiseau, qui déplie peu à peu ses ailes, la voilà à présent chauve-souris, maintenant dragon qui devient énorme et vomit quelque chose : d'autres fleurs-phosphènes, qui se divisent, ce sont des yeux, des milliers de yeux de chats. Non, ce sont les yeux d'un tigre immense! Je perds le contrôle de mes hallucinations. Un félin à mille yeux commence à attaquer un dragon, devenu un feu d'artifice, des explosions, une guerre, puis des arbres morts qui s'étirent vers mon plafond, d'où naissent des fruits extraordinaires, qui se métamorphosent à leur tour en chimères merveilleuses. Je m'endors, bercée par les images qui semblent oublier que je les regarde toujours. Même les yeux fermés, allongée dans mon lit, car elles sont maintenant empreintes, cousus à ma rétine, et elles m'aident à tisser le début du rêve, le vrai."
www.da-end.com/Phosphènes de Marcel·la Barceló.pdf