BING WU 丙午

Exposition du 22 mai au 4 juillet 2026


Artistes : Markus Åkesson, Marcella Barceló, Bones&Clouds, Jacques Brissot, Human Chuo, Nicolas Darrot, Marcel Florès, Matthias Garcia, Marine Gazier, Georgios Georgolios, Lucy Glendinning, Orié Inoué, Honoré de Malné, Daiichi Mori, Louis-Ferdinand Nieto, Célia Nkala, Lionel Sabatté, Satoshi Saïkusa, Mykola Tolmachev, Edwart Vignot et Davor Vrankić.

丙午. Dans la cosmologie d’Asie orientale, ces deux caractères désignent une configuration du cycle sexagésimal associant le tronc céleste Bing, lié au feu, à la branche terrestre Wu, correspondant au cheval. Une combinaison rare où les énergies culminent. C’est sous ce signe ancien, entre instinct animal et puissance élémentaire, que la galerie Da-End invite les artistes à inscrire leurs gestes autour du Cheval de Feu.

Des récits mythologiques aux expressions contemporaines, la figure équine traverse les imaginaires entre noblesse et déchaînement. Certaines œuvres de l’exposition en offrent une présence apaisée et suspendue. D’autres en révèlent la dimension mythique : licornes, créatures hybrides, centaures fragiles ou destructeurs. Le Cheval de Feu peut aussi s’effacer au profit du processus qu’il incarne. La figure disparaît. Une lune rouge. Le mouvement persiste. Une ligne de crin. Il ne subsiste plus comme animal, mais comme énergie agissante dans et autour de l’humain. La trace d’un sang pur. Ailleurs, cette poussée se prolonge vers des régimes plus abstraits, où éléments, flux et circulations agitent la matière jusqu’au débordement, parfois jusqu’à l’éclaboussement.

Mais lorsque ces forces se libèrent sans limite, elles révèlent leur versant le plus sombre. Le cheval devient alors porteur d’une puissance dévastatrice, emporté dans une course irréversible. Cette brutalité affleure là où une horde progresse en rangs serrés, prise dans une ruée sans retour qui ne cesse de s’étendre. Dans ce contexte où l’histoire s’accélère, où les équilibres vacillent et où les foyers de violence se propagent, ce signe ancien prend une résonance particulière, comme l’indice d’une montée des tensions déjà à l’œuvre. Les artistes l’envisagent dès lors comme présence autant qu’intensité. Sculpture fissurée, surface brûlée, tracé fragile ou projection lumineuse : les médiums deviennent le lieu d’une instabilité active. L’animal peut surgir, se fragmenter, se déformer, ou disparaître au profit de ce qui le traverse.

Créature autant que phénomène, le Cheval de Feu met en jeu une réflexion sur les puissances de transformation, ouvrant un espace où une part du monde demeure indomptée.


Bing Wu. 丙午 In East Asian cosmology, these two characters designate a configuration within the sexagenary cycle combining the celestial stem Bing, associated with fire, and the earthly branch Wu, corresponding to the horse. A rare conjunction in which energies reach their peak. It is under this ancient sign, between animal instinct and elemental power, that Galerie Da-End invites artists to inscribe their gestures around the Fire Horse.

From mythological narratives to contemporary expressions, the equine figure traverses the imagination between nobility and unleashed force. Some works in the exhibition offer a presence that is calm and suspended. Others reveal its mythic dimension: unicorns, hybrid creatures, centaurs both fragile and destructive. The Fire Horse may also fade in favor of the process it embodies. The figure disappears. A red moon. The movement persists. A strand of mane. It no longer remains as animal, but as an active energy within and around the human. The trace of pure blood. Elsewhere, this impulse extends into more abstract territories, where elements, flows, and circulations agitate matter to the point of overflow.

Yet when these forces are released without limit, they reveal their darkest side. The horse then becomes the bearer of a devastating power, swept into an irreversible charge. This brutality emerges where a horde advances in tight ranks, caught in a relentless surge that continues to spread. In a context where history accelerates, balances falter, and sites of violence proliferate, this ancient sign takes on a particular resonance, as though signaling tensions already at work. Artists thus approach it as much as a presence as an intensity. Cracked sculpture, scorched surface, fragile line, or luminous projection: the mediums become sites of active instability. The animal may appear, fragment, deform itself, or disappear altogether in favor of what passes through it.

Creature as much as phenomenon, the Fire Horse sets in motion a reflection on the powers of transformation, opening a space where a part of the world remains untamed.