Sarah Jérôme - Tempus Fugit

Du 16 mars au 4 MAI 2019

Une cohorte de pieds et de jambes en jupons foule un parquet jonché de fleurs rouges et roses. Les figures anonymes semblent prises dans une course enjouée, une fuite audacieuse. Ailleurs, l’on devine deux femmes portées dans les airs par des hommes en costume. La brillance du cuir noir de leurs chaussures tranche avec la chair pâle des jambes nues. De ces personnages sans visage qui peuplent la série ‘Fugue’, nous ne saurons rien. Ce n’est en effet pas leur identité qui intéresse Sarah Jérôme mais ce que l’image symbolise : le mouvement des corps, l’effort physique, une course contre le temps teintée de nostalgie. (...)

En cette année 2019 qui marquera le 10ème anniversaire de la disparition de la chorégraphe allemande Pina Bausch et le 350ème anniversaire de l’Opéra de Paris, Sarah Jérôme (née en 1979) rend hommage à l’occasion de sa nouvelle exposition personnelle au génie visuel de celle qui inventa au milieu des années 1970 le genre pionnier de la danse-théâtre. (...)

Here, a horde of feet and legs wearing half-slips tread upon a wooden floor covered in red and pink flowers. The anonymous figures seem caught in a cheerful race, an audacious escape. Over there, men in costumes carry two women in the air. The brilliance of their shoe’s black leather is in sharp contrast to the pale flesh of the bare legs. Of these faceless characters that populate the ‘Fugue’ series, we will know nothing. Indeed, it is not their identity that interests Sarah Jérôme but what the images symbolizes: the movement of bodies, the physical effort, a race against time tinted with nostalgia. (…)

During this year 2019 that will mark the 10th anniversary of Pina Bausch’s passing and the 350th anniversary of the Opéra de Paris, Sarah Jérôme (b. 1979) pays tribute, on the occasion of her new solo exhibition, to the visual genius of the one who invented the pioneer genre of dance-theater in the 1970s.

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Première monographie

Sarah Jérôme a lancé un financement participatif de sa première monographie sur kisskissbankbank.com, motivée par l’envie de partager avec le public un livre-objet non pas chronologique ou descriptif, mais davantage tourné vers l’intimité d’un processus de création. Plus d’information, ici.


PROJECT ROOM / Marion Catusse

Marion Catusse, Lire les pierres de plus près(3), 2019.jpg

Inspirés par la lecture de textes de l’essayiste Roger Caillois dédiés au règne minéral, les travaux récents de Marion Catusse viennent de façon mimétique montrer des strates de la nature ordinairement invisibles à l’œil nu. Imprimées sur du papier japonais de 6 grammes d’épaisseur, ses photographies de roches prises au microscope évoquent les notions de lumière et de palpabilité de la matière. Les sculptures de la série ‘Pierre contre nature’, alliant résine transparente et feuilles de métaux précieux, imitent grâce à la technique du moulage des fragments de roches que Catusse collectionne. Elles questionnent aussi le geste de l’artiste qui, au travers de ses expérimentations plastiques, adopte des protocoles propres à la recherche scientifique.